image articles158

17 juil. 2018 15:57

Startup

Investissement

Afrique

Digital




#AFRICATECH: LES STARTUPS VONT-ELLES FAIRE DéCOLLER L’AFRIQUE ?

Début 2018, Partech annonçait le lancement de son fond d’investissement Partech for Africa, doté de 57 millions d’euros. À Viva Tech, l’Afrique sera aussi fortement représentée : les startups du continent seront près d’une centaine sur place dans un espace qui leur sera spécialement réservé, et Paul Kagamé le président rwandais sera présent. EDF y lancera sa deuxième édition d’EDF Pulse Africa. Vu de France, le signal envoyé est fort : le monde de la Tech devra compter sur l’Afrique et les différentes parties prenantes de l’écosystème sont prêtes à s’engager. Pourtant, malgré les perspectives offertes par une croissance démographique forte, l’émergence d’une classe moyenne, et le développement du mobile, l’Afrique peine à faire décoller son écosystème startup. Si certains pays tirent le développement par le haut, la dynamique globale ne touche pas encore tous les pays, notamment en terme d’investissement et de structuration d’écosystème.

Pourtant, partout sur le continent, des projets voient le jour, avec pour ambition de répondre aux nombreux besoins existants. Des tendances aux freins en passant par le rôle des acteurs publics et privés, zoom sur un continent qui est en train de trouver son modèle.

Un écosystème startup africain très disparate

L’Afrique frétille et semble à l’aube de grands bouleversements. Un peu partout sur le continent se développent des pôles technologiques et de plus en plus de programmes d’accompagnements voient le jour. Les chiffres attestent que ce virage numérique est en cours. Une étude publiée par Partech début 2018, dénombre près de 560 millions de dollars levés par les startups africaines en 2017, soit 53% de plus que l’année 2016. Pourtant, ces investissements sont loin de représenter une même dynamique globale. Le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Kenya absorbent à eux seuls 76% des fonds investis. L’Égypte contre toute attente représente 12% du classement, alors que seulement 10 % des investissements ont été réalisés par les startups francophones au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Rwanda, au Maroc et en Tunisie. Pour autant, la croissance d’investissement dans ces derniers pays est bien en croissance: en 2017, les pays francophones (Rwanda, Sénégal, Maroc, Cameroun et Tunisie) ont attiré 55 millions de dollars d’investissement, contre 37 millions en 2016 et seulement 6 millions en 2015. 

Haweya Mohamed, directrice générale d’Afrobytes, premier hub digital dédié à la Tech africaine en Europe, explique que « les grands centres d’innovation anglophone comme la Silicon Savannah au Kenya dans la région de Nairobi, sont largement soutenus par les grands groupes américains. Microsoft, Google, Facebook ou encore IBM se sont implantés dans la région. Cela permet de créer un écosystème technologique vertueux, mais dont ne bénéficie pas encore directement le reste de l’Afrique »

Le paiement mobile: socle de développement des technologies

Les choses ont commencé à bouger sur le continent africain depuis une dizaine d’année. Le lancement de M-Pesa, un système de microfinancement et de transfert d’argent par téléphone mobile, lancé en 2007 a permis un premier socle important pour le développement de projets technologiques. Le service M-Pesa lancé par l’opérateur télécom Safaricom, initialement développé pour l’usage de remboursement de microcrédits, à connu un succès immédiat au Kenya. Rapidement, le service a été « détourné » par les utilisateurs pour payer des biens et des services et s’est transformé en véritable monnaie électronique. Aujourd’hui, près de 70% des adultes kenyans utilisent M-Pesa, alors que le taux d’obtention de compte bancaire est de moins de 40%. La preuve que les technologies mobiles et le digital ont permis d’offrir des services qui n’étaient jusque là pas offert par les banques aux populations les plus reculées. Aujourd’hui, plus de 40% du PIB du pays passerait par le système M-Pesa: transfert d’argent à la famille, paiement des factures d’eau et d’électricité paiement des frais scolaires et de santé, paiement des impôts…

Pour Haweya Mohamed d’Afrobytes: «  Une des grandes tendances de l’économie africaine repose sur le fait que certains états comme le Rwanda, le Zimbabwe et la Somalie, sont maintenant « Cashless », c’est-à-dire que la plupart des échanges se font par transfert et paiement mobile. La monnaie est petit à petit en train de disparaitre. Sur certains domaines, comme le mobile ou la gestion de l’énergie, l’Afrique est très en avance et a beaucoup de choses à nous enseigner. On le voit notamment avec M-Pesa qui s’attaque maintenant au marché de l’Europe de l’Est ou encore M-Kopa qui a aussi développé une télévision solaire, qui dispose d’un potentiel marché bien plus large que le continent africain. Aujourd’hui, on ne peut pas parler de technologies en Afrique sans penser à la Blockchain ou encore aux Bitcoin qui agissent sur l’ensemble des domaines: e-commerce, services, énergie, construction, etc ».

L’accès à l’énergie offre des perspectives énormes pour les startups

Près de 600 millions d’Africains ne sont toujours pas reliés aux réseaux électriques nationaux. Au-delà de répondre aux besoins énergétiques élémentaires, un premier niveau d’accès à l’énergie favorise  le développement économique, social, en permettant un meilleur accès à l’information, à l’éducation, à la santé et contribue par ricochet à l’émancipation des femmes. L’accès à l’eau et à l’énergie représente encore un enjeu mondial de premier ordre et dans le monde entier, les entrepreneurs se mobilisent pour y apporter des réponses viables et durables.

La startup française Sunna a ainsi créé une solution d’éclairage public dans les zones les plus reculée. Après avoir levé 7 millions d’euros fin 2017, la startup continue son développement avec un nouveau projet Moon qui propose des kits composés d’un système solaire et d’un smartphone pré-payé, permettant un accès à l’énergie et internet aux populations les plus isolées. Plusieurs centaines de familles au Sénégal utilisent déjà Moon. La startup Solstice, a développé une solution qui apporte de l’intelligence à la gestion de l’énergie solaire. La technologie permet de réaliser des économies, en contrôlant  simultanément plusieurs sources d’alimentation. La startup ARED offre quand à elle des kiosques mobiles permettant aux habitants de recharger leur téléphone pour un prix dérisoire. Le système composé de deux panneaux solaires rétractables, se chargent par le soleil pour alimenter une batterie centrale de 40 watts, qui redistribue lde l’électricité à 16 chargeurs de téléphone. Dès que le soleil se couche, ou que le soleil ne permet pas de fournir de l’énergie, les batteries sont rechargées en pédalant.

#DSMAD

#Africatech: Les startups vont-elles faire décoller l’Afrique ?
Les strartups peuvent appotés un grand neuf sur le marché de l'emploi des jeunes
Entretien avec M. AYISSI CEO de la marque de vetement Wazal: "je m'espire des codes vestimentaires des Senegalais et Nigeriens pour faire mes tuniques"


L'APPLICATION MOBILE




NOS PARTENAIRES